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Dans mon chaudron aujourd'hui, je ne vais pas faire mijoter une potion, mais vous raconter l'histoire d'un voyageur improbable : la morue salée, ou Baccalà.
Si vous vous baladez dans les rues de Naples à Noël, vous en verrez partout. Pourtant, ce poisson ne nage pas en Méditerranée. Il vient des eaux glaciales de Norvège ! Alors, comment est-il devenu la star des tables italiennes ?
Un naufrage providentiel
Tout commence en 1432. Un marchand vénitien, Pietro Querini, fait naufrage bien loin de chez lui, sur les îles Lofoten, au large de la Norvège.
Là-bas, il découvre que les locaux conservent le cabillaud en le faisant sécher au vent froid jusqu'à ce qu'il devienne dur comme du bois (le stockfish), ou en le salant. C'est une révélation !
La nourriture de l'âme (et du Carême)
De retour à Venise, l'idée fait son chemin. Ce poisson qui se conserve éternellement et voyage sans s'abîmer est une aubaine.
Mais c'est l'Église qui va faire sa gloire. Le calendrier catholique imposait de nombreux jours "maigres" (sans viande) : les vendredis, le Carême, et la veille de Noël. Le poisson frais étant cher et difficile à transporter à l'intérieur des terres, le Baccalà est devenu la solution miracle.
De la pauvreté à la fête
Longtemps considéré comme la "nourriture du pauvre" car il était bon marché et nourrissant, il a été sublimé par les mammas italiennes. À force de trempage, de patience et de bonnes sauces tomates, elles ont transformé ce poisson sec et austère en un plat de roi.
Aujourd'hui, quand on dessale le Baccalà pour la Vigilia, on ne prépare pas juste un poisson : on célèbre 500 ans d'histoire et de voyage.
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