✏️✏️✏️ Mirabelle VB ✏️✏️✏️
Marguerite, le visage soucieux, rompt le silence : « Quand je l'ai enveloppée, j'ai ressenti une étrange froideur émanant du métal, comme une subtile vibration qui me traversait la main. C'était déroutant, et puis cette lumière qu'elle a émise m'a fait très peur… J'ai aussi fait des rêves étranges. J'ai rêvé de grand-père. Il était dans une pièce de la maison que je ne connais pas. Il y avait aussi des livres avec les mêmes symboles que ceux de la montre. »
« Étrange », dit Charles. D'un geste, il se saisit de la montre et l'examine plus attentivement. De petits éclairs s'en échappent, comme si elle tentait de se connecter à lui. La boussole se met à émettre une étrange lumière qui indique une direction.
Charles demande à Paul : « Veux-tu continuer l'aventure avec nous ou veux-tu arrêter là ? Nous ne savons pas où cela pourrait nous conduire ! »
« Si cela ne dérange pas monsieur, j'aimerais pouvoir continuer avec vous l'aventure, cela m'intrigue au plus haut point et j'aimerais que ces rêves étranges quittent mon esprit. »
« Fort bien ; alors dirigeons-nous vers l'endroit que la boussole nous montre ; il y a peut-être d'autres passages secrets dans la bibliothèque que nous ne connaissons pas. »
Nos trois compagnons, guidés par la lumière, se tournent dans la direction indiquée. Marguerite, perturbée et angoissée, prend la main de son frère. Plus ils s'approchent du mur, plus la lumière devient vive, pointant spécifiquement un livre. Charles tente de s'en saisir, mais le livre semble fixé au mur. Il tire encore et encore, puis soudain, il entend un clic. Une porte dérobée s'ouvre, révélant une pièce que ni lui ni sa sœur ne connaissaient.
Paul prend une lampe à huile qui était sur le bureau. La pièce est petite et sombre. Ils découvrent une table couverte de livres et de grimoires et des bougies fondues. Les textes sont écrits dans des langues étranges. Margot trouve un livre avec une couverture de cuir sombre dont les pages jaunies semblent murmurer des secrets anciens; à côté une plume d'oie séchée et une petite fiole d'encre cristallisée témoignant d’un travail acharné.
Margot s'approche le souffle court. « Le Journal de grand-père ? » s'interroge-t-elle.
« Paul ; viens éclairer par ici que je puisse lire le manuscrit ; essayons d'allumer aussi les bougies nous y verrons plus clair ! » ordonne le Chevalier.
Charles se saisit du journal. Sur la couverture, il y a le blason de la famille gravé mais aussi l'un des signes ésotériques qu'il avait vu sur l'artefact ; le lien est indéniable. Il ouvre le livre ; l'écriture est fine et élégante mais parfois tremblante ; la date est ancienne, remontant à près de 60 ans.
« C'est bien son écriture », murmure Marguerite la voix tremblante d'émotion. « Que pouvait-il bien cacher ici Carlito ? »
Le chevalier se saisit du livre et trouve sur la préface leurs deux noms, comme si le journal leur était destiné.
Pour Charles et Margot,
Mes chers enfants,
Lorsque vous lirez ces lignes, je ne serai plus de ce monde. C'est pourquoi j'ai décidé de consigner par écrit la découverte que vous avez sans doute faite dans nos vignes.
Un jour, un colporteur étranger traversa notre domaine. Il portait sur lui un objet curieux : une petite montre de poche dont les aiguilles ne semblaient pas indiquer l'heure du monde réel. Il prétendait que cet objet lui causait des tourments et souhaitait s'en débarrasser. Intrigué par son apparence singulière et l'étrange magnétisme qu'il dégageait, je lui proposai un échange contre une caisse de mon meilleur pinot noir. Il me le céda, pressé de disparaître à l'horizon sans même un regard en arrière. Je sentis alors que je venais d'acquérir bien plus qu'une simple curiosité. Une nouvelle phase de ma vie qui commence…
Charles lève un instant les yeux de son journal.
« C'est donc ainsi que tout a commencé, avec une caisse de notre vin ! » dit-il, perplexe.
Il reprend sa lecture.
J'étais profondément intrigué par l'objet que j'ai découvert. Les signes astrologiques qui l'ornaient, d'une précision déconcertante quant aux décans dessinés, captivent mon esprit. Et ces petits boutons sur le côté... à quoi pouvaient-ils bien servir ? Mon obsession grandissait à chaque instant. Je me suis enfermé dans mon bureau pendant plusieurs jours, transformant la pièce en un véritable laboratoire. L'unique but de cette réclusion était de tester cette nouvelle montre et d'en percer les secrets. Je manipulais les aiguilles, les petits boutons, avec une concentration frénétique. Des lumières étranges, d'une intensité croissante, émanèrent de l'objet, comme si la montre s'éveillait à chaque contact. L'air vibrait d'une énergie palpable, presque électrique.
La fatigue me submergeait, mais même dans mon sommeil, la montre continuait de m'entraîner dans son mystère. Je faisais des rêves étranges, des songes vifs et colorés qui m'emmenaient dans des contrées lointaines, des mondes que je n'aurais jamais pu imaginer. Des gens y étaient vêtus d'habits étranges, d’étoffes chatoyantes et de parures énigmatiques qui semblaient défier les lois de la physique. Il était évident qu'ils venaient d'un autre monde, un monde bien au-delà du nôtre, et leurs regards, à la fois curieux et sages, laissaient transparaître une connaissance que notre humanité n'avait pas encore effleurée. À chaque réveil, je me sentais à la fois épuisé et revigoré, comme si une partie de moi avait voyagé pendant que l'autre restait ancrée dans la réalité.
Quand j'ai eu l'idée de lier mon signe astrologique et de choisir une date avec les boutons sur le côté, mes rêves sont devenus plus clairs. J'ai alors compris que mes visions étaient des aperçus de mon avenir. C'est ainsi que j'ai découvert que c'est vous deux qui mettriez au jour l'artefact que j’enfouis sous les vignes. Même s'il est bon de connaître son avenir pour certaines décisions, les enfants, n'oubliez pas de laisser une part de mystère dans votre vie.
« Eh bien voilà, le mystère est résolu ! » dit Charles en soupirant, un poids visiblement ôté de ses épaules.
Ses yeux parcourent la pièce, s'arrêtant sur chacun de ses amis, comme pour s'assurer qu'ils partagent le même soulagement. Margot, qui s'était tenue un peu à l'écart, les bras croisés, détend ses traits.
« Je me sens tellement plus rassurée », avoue-t-elle, sa voix habituellement forte empreinte d'une douceur nouvelle. L'angoisse qui l'avait étreinte ces derniers jours commence enfin à se dissiper, laissant place à une étrange sensation de légèreté. Elle ne peut s'empêcher de jeter un dernier regard vers l'ombre du vieux grenier, là où tant de questions ont trouvé leurs réponses.
Pourtant, Paul, toujours le plus pragmatique du groupe, ne semble pas entièrement convaincu. Il fronce les sourcils, ses pensées semblant flotter loin de l'euphorie ambiante.
« Cela reste tout de même étrange », rétorque-t-il, un doute persistant dans sa voix.
Margot, en parfaite maîtresse de maison, propose avec un sourire un verre de vin à ses invités, une tradition réconfortante avant de se retirer pour la nuit.
✏️✏️✏️ Mirabelle VB ✏️✏️✏️
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La suite au prochain épisode ...